Si les auto-entrepreneurs partagent un même régime, ils relèvent de taux, seuils et obligations différents suivant les secteurs d’activité. Vous trouverez ici tout ce qu’il faut savoir pour les micro-entrepreneurs relevant du secteur des prestations de services libérales.
Ce secteur regroupe les auto-entrepreneurs qui exercent, selon l’article 29 : “une activité de nature généralement civile ayant pour objet d’assurer, dans l’intérêt du client ou du public, des prestations principalement intellectuelles, techniques ou de soins mises en œuvre au moyen de qualifications professionnelles appropriées et dans le respect de principes éthiques ou d’une déontologie professionnelle/”.
Les professions libérales relèvent de deux catégories : celles qui sont dites réglementées et celles qui ne le sont pas.
Les professions libérales non réglementées regroupent les activités qui ne dépendent pas de conditions d’exercice, ni de code spécifique ou d’instances professionnelles.
Les libéraux PLNR sont affiliés au régime général. Excepté les auto-entrepreneurs ayant créé leur entreprise avant le 1er janvier 2018 et n’ayant pas fait jouer leur droit d’option (ouvert jusqu’en décembre 2023) pour basculer sur la SSI (Sécurité sociale des indépendants, donc le régime général) à la Cipav.
Pour rester sous régime de la micro-entreprise, votre chiffre d’affaires réalisé au cours de l’année civile N-1 ou N-2 ne doit pas dépasser :
Vous venez de créer votre entreprise ? Le régime fiscal de la micro-entreprise s’applique automatiquement pour l’année de création (N) et l’année suivante (N+1).
Si l’activité est créée en cours d’année, les seuils de chiffre d’affaires doivent être ajustés au prorata temporis d’exploitation, sauf s’il s’agit d’une entreprise saisonnière.
Exemple du calcul du prorata temporis
Pour calculer le seuil de CA qui s’applique pour votre première année, il faut compter le nombre de jours entre la date de début d’activité et le 31 décembre de l’année en cours.
Par exemple, pour une micro-entreprise immatriculée le 5 avril 2026 :
En cas de dépassement du seuil de CA, vous conservez le bénéfice du régime micro l’année suivante.
En revanche, en cas de dépassement du seuil de chiffre d’affaires pendant 2 années consécutives, le passage au régime fiscal du réel simplifié est obligatoire.
Il représente l’ensemble des frais et charges pour votre secteur d’activité, automatiquement appliqué à votre chiffre d’affaires.
Exemple : si vous réalisez un chiffre d’affaires hors taxe de 40 000 € en 2026. Calcul de l’abattement : 40 000 € x 34 % = 13 600 €. Votre bénéfice net imposable sera donc de : 40 000 € – 13 600 € = 26 400 €.
Les seuils de franchise en base de TVA ainsi que les seuils majorés ont été modifiés au 1er janvier 2025 par la loi de finances pour 2024. Grâce à la mobilisation générale et le combat de la FNAE durant toute l’année 2025, la mesure d’abaissement du seuil de franchise en base a été abandonnée par le gouvernement. Les seuils en achat-revente demeurent pour 2026 :
Si votre CA dépasse le seuil de franchise en base durant l’année N mais reste en dessous du seuil de franchise majoré, vous pourrez continuer à bénéficier de la franchise mais seulement durant l’année de dépassement N. Vous ne pourrez donc plus profiter de la franchise l’année suivante.
En clair : si vous avez dépassé le seuil de 37 500 € de chiffre d’affaires en 2025 mais pas le seuil de tolérance de 41 250 euros, vous ne bénéficiez plus de la franchise en base de TVA à partir du 1ᵉʳ janvier 2026.
Si votre CA dépasse 41 250 € dans l’année, vous perdez le bénéfice de la franchise en base dès la date du dépassement.
A noter : si votre entreprise bénéficie de la franchise en base de TVA, vous devez mentionner sur vos factures : « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » . Si vous oubliez cette mention obligatoire, vous risquez, en cas de contrôle fiscal, un redressement.
Vous devez tenir un livre des recettes où sont enregistrées, de façon chronologique, toutes les informations concernant vos recettes :
A noter : pour les ventes aux détails et les services rendus à des particuliers dont le montant unitaire est inférieur à 76 euros, vous pouvez les inscrire de façon globale en fin de journée.
Le micro-entrepreneur a l’obligation d’établir une facture et de la remettre à son client dans les cas suivants :
A noter : en l’absence de remise d’une facture à un particulier, un ticket de caisse, une note ou un reçu sont suffisants.
L’obligation d’émettre des factures sous format électronique ou d’envoyer un e-reporting en l’absence de facturation s’appliquera dès le 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire (ETI), mais seulement un an plus tard, le 1er septembre 2027 pour les petites et moyennes entreprises (PME) et les micro-entreprises.
Même si l’émission de facture est prévue en 2027 pour les micro-entrepreneurs, l’obligation de recevoir les factures électroniques dès 2026 nécessite que toutes les entreprises choisissent une plateforme agréée en 2026.
Si vous êtes adhérent FNAE : vous pourrez profiter gratuitement, via votre adhésion, de la plateforme agréée MyUnisoft. Les inscriptions seront ouvertes à partir du second trimestre 2026.
Vous pouvez choisir de déclarer et payer vos cotisations tous les mois ou tous les trimestres.
Si certains préfèrent le paiement au trimestre pour ne pas avoir à faire cette démarche tous les mois, attention : si vous dépassez la date, des amendes tomberont systématiquement ! Payer au trimestre signifie qu’il faut provisionner le montant à payer. Enregistrez les dates de paiement des cotisations sur votre agenda.
Changer la périodicité de paiement est toujours possible, mais il faudra faire la demande avant le 31 janvier de l’année N pour une mise en route dans l’année N.
Micro-entrepreneur percevant le chômage? En ce cas, la déclaration mensuelle du chiffre d’affaires est plus simple. S’il vous préférez la déclaration trimestrielle, il vous faut en informer Pôle Emploi… et souscrire chaque mois à l’incontournable déclaration mensuelle auprès de Pôle Emploi.
Période à déclarer | Ouverture de l’échéance | Date d’exigibilité |
Du 1er janvier au 31 mars | Début avril | 30 avril |
Du 1er avril au 30 juin | Début juillet | 31 juillet |
Du 1er juillet au 30 septembre | Début octobre | 31 octobre |
Du 1er octobre au 31 décembre | Début janvier de l’année suivante | 31 janvier de l’année suivante |
Certaines activités peuvent nécessiter la souscription d’une assurance, telle une assurance responsabilité civile professionnelle (RCPro).
Même si votre activité n’est pas soumise à cette obligation d’assurance, il est recommandé de souscrire une RCPro, notamment si votre activité est susceptible d’impliquer des risques pour les clients ou les tiers. Cette assurance vous couvre contre l’ensemble des dommages involontaires que vous-même, vos services ou vos produits pourraient causer à un tiers en prenant en charge l’indemnisation du tiers.
La souscription à un service de médiation de la consommation est depuis le 1er janvier 2016 une obligation légale pour tous les entrepreneurs qui travaillent avec des clients particuliers. Cette garantie peut vous éviter les tribunaux en cas de litige.
Les adhérents FNAE Essentiel et Pro bénéficient d’un tarif très négocié pour la médiation de la consommation. La cotisation est de 35 euros au lieu de 150 euros pour 3 ans, soit une économie de 115 euros ! Pour les adhérents Premium, la cotisation pour les 3 ans est offerte !
Forfait social | CPF Contribution à la formation professionnelle | VFL Versement forfaitaire libératoire | Abattement forfaitaire | |
Libéraux au régime général | 25,60 % | 0,2 % | 2,2 % | 34 % |
Selon le décret n° 2022-1529 du 7 décembre 2022 relatif aux modalités de calcul des cotisations sociales des travailleurs indépendants et le décret n° 2024-484 du 30 mai 2024 qui définit la clef de répartition des cotisations par risque.
Libéraux au régime général en 2026
Cotisations | Clé de répartition |
Maladie-maternité Prestations maladies IJ | 2,60 % 1,50 % |
Invalidité-décès | 3,30 % |
Assurance vieillesse de base | 46,40 % |
Assurance vieillesse complémentaire | 21 % |
CSG-CRDS | 25,20 % |
pour 1 trimestre | pour 2 trimestres | pour 3 trimestres | pour 4 trimestres | |
Revenu | 1 803 € | 3 606 € | 5 409 € | 7 212 € |
Cotisations | 322 € | 644 € | 967 € | 1 289 € |
Chiffre d’affaires | 2 822 € | 5 645 € | 8 468 € | 11 290 € |
Le forfait social des micro-entreprises dans les DOM (hors Mayotte) obéit à des règles spécifiques.
Période 1 (jusqu’à la fin du 7e trimestre civil suivant celui du début d’activité | Période 2 (du 8e trimestre civil suivant celui du début d’activité jusqu’à la fin de la 3e année civile d’activité) | Période 3 (à partir de la 4e année civile) |
4,40 % | 13,10 % | 17,40 % |
Le micro-entrepreneur peut exercer en même temps plusieurs types d’activités (activité de prestation de services libérale + achat-revente par exemple.
Les abattements sont calculés séparément pour chaque fraction du chiffre d’affaires qui correspond aux activités exercées.
Les plafonds des deux activités ne se cumulent pas ! Le régime micro-fiscal est applicable à une double condition :
Le taux de cotisations pour chaque activité est appliqué sur la portion de chiffre d’affaires correspondante.
Par exemple :
Vous cumulez une activité libérale pour un CA de 60 000 euros et une seconde activité dans la catégorie achat-revente pour un CA de 40 000 euros.
La FNAE est la seule organisation d’autoentrepreneurs reconnue représentative au niveau national, au sens de l’article L. 612-6 du code de la sécurité sociale, à ce titre siège au CPSTI national, dans les CPSTI régionaux, les URSSAF, les CGSS, la CSSM et les CAF.
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