Libéraux (BNC) au régime général

Si les auto-entrepreneurs partagent un même régime, ils relèvent de taux, seuils et obligations différents suivant les secteurs d’activité. Vous trouverez ici tout ce qu’il faut savoir pour les micro-entrepreneurs relevant du secteur des prestations de services libérales.

Définition du périmètre

Ce secteur regroupe les auto-entrepreneurs qui exercent, selon l’article 29 : “une activité de nature généralement civile ayant pour objet d’assurer, dans l’intérêt du client ou du public, des prestations principalement intellectuelles, techniques ou de soins mises en œuvre au moyen de qualifications professionnelles appropriées et dans le respect de principes éthiques ou d’une déontologie professionnelle/”.

Les professions libérales relèvent de deux catégories : celles qui sont dites réglementées et celles qui ne le sont pas.

Professions libérales non réglementées (PLNR)

Les professions libérales non réglementées regroupent les activités qui ne dépendent pas de conditions d’exercice, ni de code spécifique ou d’instances professionnelles.

SSI ou Cipav

Les libéraux PLNR sont affiliés au régime général. Excepté les auto-entrepreneurs ayant créé leur entreprise avant le 1er janvier 2018 et n’ayant pas fait jouer leur droit d’option (ouvert jusqu’en décembre 2023) pour basculer sur la SSI (Sécurité sociale des indépendants, donc le régime général) à la Cipav.

Fiche récap

  • vos bénéfices : BNC, bénéfices non commerciaux ;
  • plafond de CA : 83 600 euros ;
  • forfait social : 25,60 % ; 
  • CFP (Contribution à la formation professionnelle) : 0,2 % ;
  • abattement : 34 % du CA ;
  • votre interlocuteur est l’Urssaf ; 
  • diplômes et qualifications : la possession de diplôme peut être obligatoire pour certaines activités libérales.

Les plafonds de chiffre d’affaires

Pour rester sous régime de la micro-entreprise, votre chiffre d’affaires réalisé au cours de l’année civile N-1 ou N-2 ne doit pas dépasser : 

  • 83 600 €

L’année de création d’activité

Vous venez de créer votre entreprise ? Le régime fiscal de la micro-entreprise s’applique automatiquement pour l’année de création (N) et l’année suivante (N+1).

Si l’activité est créée en cours d’année, les seuils de chiffre d’affaires doivent être ajustés au prorata temporis d’exploitation, sauf s’il s’agit d’une entreprise saisonnière.

Exemple du calcul du prorata temporis

Pour calculer le seuil de CA qui s’applique pour votre première année, il faut compter le nombre de jours entre la date de début d’activité et le 31 décembre de l’année en cours.

Par exemple, pour une micro-entreprise immatriculée le 5 avril 2026 :

  • il reste donc 270 jours jusqu’au 31 décembre 2026 ;
  • donc : 270 jours x plafond de CA pour une année pleine (soit 83 600 euros) / 365 jours = 61 841 ;
  • pour l’année 2026, il ne faut donc pas dépasser dans ce cas 61 841 euros pour rester en micro-entreprise.

Le dépassement des plafonds

En cas de  dépassement du seuil de CA, vous conservez le bénéfice du régime micro l’année suivante.

En revanche, en cas de dépassement du seuil de chiffre d’affaires pendant 2 années consécutives, le passage au régime fiscal du réel simplifié est obligatoire. 

L’abattement forfaitaire

Il représente l’ensemble des frais et charges pour votre secteur d’activité, automatiquement appliqué à votre chiffre d’affaires.

  • le taux d’abattement est de 34 %.

 

Exemple : si vous réalisez un chiffre d’affaires hors taxe de 40 000 € en 2026. Calcul de l’abattement : 40 000 € x 34 % = 13 600 €. Votre bénéfice net imposable sera donc de : 40 000 € – 13 600 € = 26 400 €.

La TVA

Les seuils de franchise en base de TVA ainsi que les seuils majorés ont été modifiés au 1er janvier 2025 par la loi de finances pour 2024. Grâce à la mobilisation générale et le combat de la FNAE durant toute l’année 2025, la mesure d’abaissement du seuil de franchise en base a été abandonnée par le gouvernement. Les seuils en achat-revente demeurent pour 2026 : 

  • seuil de franchise en base de TVA : 37 500 € ;
  • seuil majoré de franchise en base : 41 250 €.

En pratique

37500 € < CA < 41 250 €

Si votre CA dépasse le seuil de franchise en base durant l’année N mais reste en dessous du seuil de franchise majoré, vous pourrez continuer à bénéficier de la franchise mais seulement durant l’année de dépassement N. Vous ne pourrez donc plus profiter de la franchise l’année suivante.

En clair :  si vous avez dépassé le seuil de 37 500 € de chiffre d’affaires en 2025 mais pas le seuil de tolérance de 41 250 euros, vous ne bénéficiez plus de la franchise en base de TVA à partir du 1ᵉʳ janvier 2026.

CA > 41 250

Si votre CA dépasse 41 250 € dans l’année, vous perdez le bénéfice de la franchise en base dès la date du dépassement.

A noter : si votre entreprise bénéficie de la franchise en base de TVA, vous devez mentionner sur vos factures : « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » . Si vous oubliez cette mention obligatoire, vous risquez, en cas de contrôle fiscal, un redressement.

Votre obligation comptable

Le livre de recettes

Vous devez tenir un livre des recettes où sont enregistrées, de façon chronologique, toutes les informations concernant vos recettes :

  • date, montant et origine des recettes (identité du client) ;
  • mode de règlement (chèque, espèces, virement) ;
  • références des éventuelles pièces justificatives (numérotation des factures, notes).

 

A noter : pour les ventes aux détails et les services rendus à des particuliers dont le montant unitaire est inférieur à 76 euros, vous pouvez les inscrire de façon globale en fin de journée.

La facturation électronique

Obligation ou pas ?

Le micro-entrepreneur a l’obligation d’établir une facture et de la remettre à son client dans les cas suivants :

  • le client est une entreprise (BtoB) : l’établissement d’une facture est obligatoire et systématique entre professionnels ;
  • le client est un particulier (BtoC) : l’entrepreneur individuel doit fournir une facture dans les cas suivants : 
    • le client demande une facture ;
    • la vente s’effectue à distance.

 

A noter : en l’absence de remise d’une facture à un particulier, un ticket de caisse, une note ou un reçu sont suffisants.

Facturation électronique et e-reporting 

L’obligation d’émettre des factures sous format électronique ou d’envoyer un  e-reporting en l’absence de facturation s’appliquera dès le 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire (ETI), mais seulement un an plus tard, le 1er septembre 2027 pour les petites et moyennes entreprises (PME) et les micro-entreprises.

Même si l’émission de facture est prévue en 2027 pour les micro-entrepreneurs, l’obligation de recevoir les factures électroniques dès 2026 nécessite que toutes les entreprises choisissent une plateforme agréée en 2026.

Si vous êtes adhérent FNAE : vous pourrez profiter gratuitement, via votre adhésion, de la plateforme agréée MyUnisoft. Les inscriptions seront ouvertes à partir du second trimestre 2026.

Déclarer et payer vos cotisations et contributions sociales

Vous pouvez choisir de déclarer et payer vos cotisations tous les mois ou tous les trimestres.

Si certains préfèrent le paiement au trimestre pour ne pas avoir à faire cette démarche tous les mois, attention : si vous dépassez la date, des amendes tomberont systématiquement ! Payer au trimestre signifie qu’il faut provisionner le montant à payer. Enregistrez les dates de paiement des cotisations sur votre agenda. 

Changer la périodicité de paiement est toujours possible, mais il faudra faire la demande avant le 31 janvier de l’année N pour une mise en route dans l’année N.

Micro-entrepreneur percevant le chômage? En ce cas, la déclaration mensuelle du chiffre d’affaires est plus simple. S’il vous préférez la déclaration trimestrielle, il vous faut en informer Pôle Emploi… et souscrire chaque mois à l’incontournable déclaration mensuelle auprès de Pôle Emploi.

Le calendrier 

  • pour une déclaration mensuelle : du 1er jour au dernier jour du mois pour déclarer le chiffre d’affaires du mois précédent (vous avez au 1er au 31 juillet pour déclarer votre CA de juin, par exemple) ;
  • pour une déclaration trimestrielle : même principe (voir tableau ci-dessous) !

 

Période à déclarer

Ouverture de l’échéance

Date d’exigibilité

Du 1er janvier au 31 mars

Début avril

30 avril

Du 1er avril au 30 juin

Début juillet

31 juillet

Du 1er juillet au 30 septembre

Début octobre

31 octobre

Du 1er octobre au 31 décembre

Début janvier de l’année suivante

31 janvier de l’année suivante

Du côté des assurances

Certaines activités peuvent nécessiter la souscription d’une assurance, telle une assurance responsabilité civile professionnelle (RCPro). 

Même si votre activité n’est pas soumise à cette obligation d’assurance, il est recommandé de souscrire une RCPro, notamment si votre activité est susceptible d’impliquer des risques pour les clients ou les tiers. Cette assurance vous couvre contre l’ensemble des dommages involontaires que vous-même, vos services ou vos produits pourraient causer à un tiers en prenant en charge l’indemnisation du tiers.

La médiation : obligatoire avec des clients particuliers

La souscription à un service de médiation de la consommation est depuis le 1er janvier 2016 une obligation légale pour tous les entrepreneurs qui travaillent avec des clients particuliers. Cette garantie peut vous éviter les tribunaux en cas de litige.

 

Les adhérents FNAE Essentiel et Pro bénéficient d’un tarif très négocié pour la médiation de la consommation. La cotisation est de 35 euros au lieu de 150 euros pour 3 ans, soit une économie de 115 euros ! Pour les adhérents Premium, la cotisation pour les 3 ans est offerte !

Vos cotisations et contributions sociales en 2026 en métropole

 

Forfait social

CPF

Contribution à la formation professionnelle

VFL

Versement forfaitaire libératoire

Abattement forfaitaire

Libéraux au régime général

25,60 %

0,2 %

2,2 %

34 %

 

Votre protection sociale

Selon le décret n° 2022-1529 du 7 décembre 2022 relatif aux modalités de calcul des cotisations sociales des travailleurs indépendants et le décret n° 2024-484 du 30 mai 2024 qui définit la clef de répartition des cotisations par risque.

Libéraux au régime général en 2026

Cotisations

Clé de répartition

Maladie-maternité

Prestations maladies IJ

2,60 %

1,50 %

Invalidité-décès

3,30 %

Assurance vieillesse de base

46,40 %

Assurance vieillesse complémentaire

21 %

CSG-CRDS

25,20 %

Zoom sur votre retraite

Seuils de CA, revenu et cotisations pour valider vos trimestres en 2026

Libéraux au régime général (SSI)

 

pour 

1 trimestre

pour

2 trimestres

pour 

3 trimestres

pour 

4 trimestres

Revenu

1 803 €

3 606 € 

5 409 €

7 212 €

Cotisations

322 €

644 €

967 €

1 289 €

Chiffre d’affaires

2 822 €

5 645 €

8 468 €

11 290 €

Auto-entrepreneur dans les DOM (excepté Mayotte)

Le forfait social des micro-entreprises dans les DOM (hors Mayotte) obéit à des règles spécifiques.

Auto-entrepreneurs libéraux au régime général en outre-mer

Période 1 (jusqu’à la fin du 7e trimestre civil suivant celui du début d’activité

Période 2 (du 8e trimestre civil suivant celui du début d’activité jusqu’à la fin de la 3e année civile d’activité)

Période 3 (à partir de la 4e année civile)

4,40 %

13,10 % 

17,40 %

Si vous êtes en activité mixte

Le micro-entrepreneur peut exercer en même temps plusieurs types d’activités (activité de prestation de services libérale + achat-revente par exemple. 

Les abattements 

Les abattements sont calculés séparément pour chaque fraction du chiffre d’affaires qui correspond aux activités exercées.

Les plafonds de CA

Les plafonds des deux activités ne se cumulent pas ! Le régime micro-fiscal est applicable à une double condition :   

  • le chiffre d’affaires global (cumul activité libérale et ventes) ne doit pas être supérieur au seuil de la catégorie achat-revente, soit 203 100 euros ;  
  • le chiffre d’affaires global des prestations de services libérales ne doit pas excéder le seuil de la catégorie des prestations de services, soit 83 600 euros.

Le calcul des cotisations sociales

Le taux de cotisations pour chaque activité est appliqué sur la portion de chiffre d’affaires correspondante.

Par exemple : 

Vous cumulez une activité libérale pour un CA de 60 000 euros et une seconde activité dans la catégorie achat-revente pour un CA de 40 000 euros. 

  • votre chiffre d’affaires global est de 100 000 euros ;
  • vos cotisations sociales globales s’élèvent à 19 680 euros (60 000 x 24,60 % + 40 000 x 12,30 %).
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Votre Fédération

La FNAE est la seule organisation d’autoentrepreneurs reconnue représentative au niveau national, au sens de l’article L. 612-6 du code de la sécurité sociale, à ce titre siège au CPSTI national, dans les CPSTI régionaux, les URSSAF, les CGSS, la CSSM et les CAF.