Si les auto-entrepreneurs partagent un même régime, ils relèvent de taux, seuils et obligations différents suivant les secteurs d’activité. Vous trouverez ici tout ce qu’il faut savoir pour les micro-entrepreneurs relevant du secteur de l’achat-revente en activité principale.
Les activités commerciales, définies par l’article L110-1 du Code du commerce, regroupent notamment :
les activités de location de biens meubles, de marchandises et de services.
Votre activité est artisanale : vous relevez du secteur de l’achat-revente
Le classement dans le secteur baptisé achat-revente (qui concerne les marchandises, objets, fournitures et denrées à emporter ou à consommer sur place) concerne aussi les entrepreneurs qui fabriquent et vendent des biens matériels. L’article L110-1 du Code de commerce stipule que: “La loi répute actes de commerce :
1° Tout achat de biens meubles pour les revendre, soit en nature, soit après les avoir travaillés et mis en oeuvre.”
En revanche, si le support de l’artisan est immatériel, alors il relève du secteur des prestations de services artisanales et commerciales.
Pour rester sous régime de la micro-entreprise, votre chiffre d’affaires réalisé au cours de l’année civile N-1 ou N-2 ne doit pas dépasser :
Vous venez de créer votre entreprise ? Le régime fiscal de la micro-entreprise s’applique automatiquement pour l’année de création (N) et l’année suivante (N+1).
Si l’activité est créée en cours d’année, les seuils de chiffre d’affaires doivent être ajustés au prorata temporis d’exploitation, sauf s’il s’agit d’une entreprise saisonnière.
Exemple du calcul du prorata temporis
Pour calculer le seuil de CA qui s’applique pour votre première année, il faut compter le nombre de jours entre la date de début d’activité et le 31 décembre de l’année en cours.
Par exemple, pour une micro-entreprise immatriculée le 5 avril 2026, il reste donc 270 jours jusqu’au 31 décembre 2026.
Le calcul à faire est le suivant :
En cas de dépassement du seuil de CA, vous conservez le bénéfice du régime micro l’année suivante.
En revanche, en cas de dépassement du seuil de chiffre d’affaires pendant 2 années consécutives, le passage au régime fiscal du réel simplifié est obligatoire.
Il représente l’ensemble des frais et charges pour votre secteur d’activité, automatiquement appliqué à votre chiffre d’affaires.
Exemple : si vous réalisez un chiffre d’affaires hors taxe de 90 000 € en 2026.
Calcul de l’abattement : 90 000 € x 71 % = 63 900 €.
Votre bénéfice net imposable sera donc de : 90 000 € – 63 900 € = 26 100 €.
Les seuils de franchise en base de TVA ainsi que les seuils majorés ont été modifiés au 1er janvier 2025 par la loi de finances pour 2024. Grâce à la mobilisation générale et le combat de la FNAE durant toute l’année 2025, la mesure d’abaissement du seuil de franchise en base, a été abandonnée par le gouvernement. Les seuils en achat revente-demeurent pour 2026 :
Si votre CA dépasse le seuil de franchise en base durant l’année N mais reste en dessous du seuil de franchise majoré, vous pourrez continuer à bénéficier de la franchise mais seulement durant l’année de dépassement N. Vous ne pourrez donc plus profiter de la franchise l’année suivante.
Si votre CA dépasse 93 500 euros dans l’année, vous perdez le bénéfice de la franchise en base dès la date du dépassement.
A noter : si votre entreprise bénéficie de la franchise en base de TVA, vous devez mentionner sur vos factures : « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » . Si vous oubliez cette mention obligatoire, vous risquez, en cas de contrôle fiscal, un redressement.
Vous devez tenir un livre des recettes où sont enregistrées, de façon chronologique, toutes les informations concernant vos recettes :
A noter : pour les ventes aux détails et les services rendus à des particuliers dont le montant unitaire est inférieur à 76 euros, vous pouvez les inscrire de façon globale en fin de journée.
Celles dont le montant est supérieur à 76 euros, selon l’article 286 du CGI, doivent être comptabilisées individuellement sur des lignes séparées.
Ce livre obligatoire, dans la catégorie achat-revente, doit contenir le récapitulatif de tous vos encaissements dans l’ordre chronologique avec les informations permettant d’identifier la facture ou la pièce justificative, avec les informations suivantes :
Références des pièces justificatives (factures, notes…).
Le micro-entrepreneur a l’obligation d’établir une facture et de la remettre à son client dans les cas suivants :
A noter : en l’absence de remise d’une facture à un particulier, un ticket de caisse, une note ou un reçu sont suffisants.
L’obligation d’émettre des factures sous format électronique ou d’envoyer un e-reporting en l’absence de facturation s’appliquera dès le 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire (ETI), mais seulement un an plus tard, le 1er septembre 2027 pour les petites et moyennes entreprises (PME) et les micro-entreprises.
Même si l’émission de facture est prévue en 2027 pour les micro-entrepreneurs, l’obligation de recevoir les factures électroniques dès 2026 nécessite que toutes les entreprises choisissent une plateforme agréée en 2026.
Si vous êtes adhérent FNAE : vous pourrez profiter gratuitement, via votre adhésion, de la plateforme agréée MyUnisoft. Inscriptions au second trimestre 2026
Vous pouvez choisir de déclarer et payer vos cotisations tous les mois ou tous les trimestres.
Si certains préfèrent le paiement au trimestre pour ne pas avoir à faire cette démarche tous les mois, attention : si vous dépassez la date, des amendes tomberont systématiquement ! Payer au trimestre signifie qu’il faut provisionner le montant à payer. Enregistrez les dates de paiement des cotisations sur votre agenda.
Changer la périodicité de paiement est toujours possible, mais il faudra faire la demande avant le 31 janvier de l’année N pour une mise en route dans l’année N.
Micro-entrepreneur percevant le chômage? En ce cas, la déclaration mensuelle du chiffre d’affaires est plus simple. S’il vous préférez la déclaration trimestrielle, il vous faut en informer Pôle Emploi… et souscrire chaque mois à l’incontournable déclaration mensuelle auprès de Pôle Emploi.
Période à déclarer | Ouverture de l’échéance | Date d’exigibilité |
Du 1er janvier au 31 mars | Début avril | 30 avril |
Du 1er avril au 30 juin | Début juillet | 31 juillet |
Du 1er juillet au 30 septembre | Début octobre | 31 octobre |
Du 1er octobre au 31 décembre | Début janvier de l’année suivante | 31 janvier de l’année suivante |
Certaines activités de nature commerciale nécessitent obligatoirement la souscription d’une assurance responsabilité civile professionnelle (RCPro), à vérifier auprès de la Chambre de commerce et d’industrie dont vous relevez. C’est ainsi le cas pour les activités de tourisme et d’hôtellerie.
Même si votre activité n’est pas soumise à cette obligation d’assurance, il est recommandé de souscrire une RCPro, notamment si votre activité est susceptible d’impliquer des risques pour les clients ou les tiers. Cette assurance vous couvre contre l’ensemble des dommages involontaires que vous-même, vos services ou vos produits pourraient causer à un tiers en prenant en charge l’indemnisation du tiers.
Forfait social | CPF Contribution à la formation professionnelle | Frais de chambre | VFL Versement forfaitaire libératoire | Abattement forfaitaire |
12,30 % | 0,1 % | 0,015 % | 1 % | 71 % |
Le décret n° 2025-943 du 8 septembre 2025 définit la clef de répartition des cotisations par risque.
pour 1 trimestre | pour 2 trimestres | pour 3 trimestres | pour 4 trimestres | |
Revenu | 1 782 € | 3 564 € | 5 346 € | 7 128 € |
Cotisations | 316,31 € | 632,61 € | 948,92 € | 1 265,22€ |
Chiffre d’affaires | 6 152,12 € | 12 304,24 € | 18 456,35 € | 24 608,47 € |
Le forfait social des micro-entreprises dans les DOM (hors Mayotte) obéit à des règles spécifiques.
Période 1 (jusqu’à la fin du 7e trimestre civil suivant celui du début d’activité | Période 2 (du 8e trimestre civil suivant celui du début d’activité jusqu’à la fin de la 3e année civile d’activité) | Période 3 (à partir de la 4e année civile) |
2,10 % | 6,20 % | 8,20 % |
Le micro-entrepreneur peut exercer en même temps plusieurs types d’activités (achat-revente + activité de prestation de services).
Les abattements sont calculés séparément pour chaque fraction du chiffre d’affaires qui correspond aux activités exercées.
Les plafonds des deux activités ne se cumulent pas ! En cas d’activité mixte, le régime micro-fiscal est applicable à une double condition :
Le taux de cotisations pour chaque activité est appliqué sur la portion de chiffre d’affaires correspondante.
Par exemple :
Vous cumulez une première activité d’achat/revente de marchandises pour un CA de 60 000 euros et une seconde activité dans la catégorie des prestations de services pour un CA de 40 000 euros.
La FNAE est la seule organisation d’autoentrepreneurs reconnue représentative au niveau national, au sens de l’article L. 612-6 du code de la sécurité sociale, à ce titre siège au CPSTI national, dans les CPSTI régionaux, les URSSAF, les CGSS, la CSSM et les CAF.
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